Selon le milieu dans lequel on a évolué et les expériences vécues, l'estime de soi est ou n'est pas grand chez soi. Plus j'avance dans mon cheminement, plus je me rends compte que le mien est plutôt faible. Et la vie ne m'aide pas non plus en m'envoyant des hommes qui viennent la bousiller davantage ou confirmer ce qui me donne tant de difficulté à m'aimer.
J'ai pris 30 livres dans les 5 dernières années. Un accident d'auto et la prise d'une médication pour contrôler mon anxiété ont laissé des traces de leur passage sur mon corps. Pour certaines, ce sont les enfants qui en sont la cause, pour moi, c'est autre chose. Après avoir réalisé que ma médication continuait à me faire engraisser, je l'ai changé pour une autre. Je n'arrivais plus à reconnaître mon corps. Je le regardais avec dégoût, je perdais confiance en moi, mon sex-appeal a disparu graduellement, mon espoir face à la rencontre d'un homme était impossible à mes yeux. Qui voudrait d'une femme avec 30 livres de trop? Une grosse?
Depuis, j'ai eu plusieurs épisodes de je m'entraîne et j'arrête par manque de motivation. Puis, je me suis mise à l'entraînement sérieusement depuis environ trois mois. J'ai rencontré des hommes à travers ce cheminement dont deux qui ont eu l'honnêteté de me faire savoir que mon surplus de poid les ambarrassait. Les deux, vous les avez connu à travers mes écrits.
Dans le premier cas, il m'a dit, suite à la vue d'une vieille photo de moi que je devais prendre soin de moi et perdre ce surplus de poid afin de redevenir "la pitoune" que j'étais. Lorsqu'il me voyait boire un verre de vin et manger une pizza, pour la première fois en plusieurs mois, il me boudait et me disait que je le décevais.
Dans le deuxième cas, ce fût après 8 mois de fréquentation que le chat est sorti du sac. J'ai tout fait pour ne pas tomber amoureuse de cet homme, mais après tant de temps, j'ai réalisé que je le voulais auprès de moi, que je voulais bâtir un avenir avec lui. Chaque fois que je lui en parlais, il me répondait qu'il ne savait pas s'il allait être capable de m'offrir ce que je souhaitais, qu'il était en réflexion.
Tannée d'être laissée dans l'ambiguïté, je l'ai poussé à me dire ce qui le freinait. Mon surplus de poid était la source de son hésitation. Tout le reste était parfait, mais s'imaginer me faire des enfants et que je prenne plus de poid le rendait perplexe. "Et si je ne pouvais plus être avec toi après une autre prise de poid?"
Vous imaginez le coup que cela m'a donné?
Pour en rajouter, il m'a dit qu'il y avait une marge entre accepter le surplus de poid de son partenaire et être avec quelqu'un qui ne se souci guère de ce dernier. Comme si en plus d'être grosse, je suis une lâche.
Pour une fille qui se lève tous les matins à 6h00 pour aller au gym, qui fait attention à tout ce qu'elle mange disons que c'est très difficile à prendre. Le plus difficile, c'est que quelqu'un que l'on aime vienne frapper exactement là où notre plus grande faiblesse habite.
Un autre homme est venue confirmer ce que je pensais. Personne ne voudra de moi tel que je suis. La recherche de la perfection refait surface. Moi qui essaie tant bien que mal à m'en départir!
Rationnellement, je sais que la perfection n'existe pas, que certains hommes n'accordent pas autant d'importance à l'apparence, que le poid ne rend pas heureux (je ne l'étais pas plus à 120livres).
Cette conception du surplus de poid vient de loin. Depuis que je suis toute petite que ma famille parle négativement des gens qui sont gros. Tous ces commentaires je les applique à moi aujourd'hui. J'essaie de me départir de cette conception, mais bon dieu que c'est difficile lorsque les expériences que je vis viennent les alimenter.
La stime de soi, pour ne pas dire, l'osti d'estime de soi en prend pour son rhume!