lundi 10 août 2009

Dieu en a décidé autrement.

Depuis que je suis toute petite, j'imagine la mort de mes parents. Comme mon père était beaucoup plus vieux que celui de mes copines, je craignais sa perte. Puis, le cancer qui a frappé ma mère a eu le même effet. J'ai toujours craind que mes parents n'est pas la chance de connaître mes enfants, de me voir enfin heureuse.

Depuis maintenant 15 jours, je n'ai plus besoin d'imaginer. Je la vis cette perte. Jamais au cours de ces années, je n'ai réussi à ressentir le tier de la souffrance, de la douleur que la perte d'un parent peut causer. C'est inimaginable!

C'est après cinq jours dans le coma, a être nourrit par l'espoir une journée et par des doutes l'autre que nous avons eu a débrancher mon père. Le médecin était clair, jamais il ne reviendrait autonome. C'est donc à ce moment que nous nous sommes regroupés autour de son lit, ses quatre enfants, pour l'accompagner jusqu'à son dernier souffle. Il a commencé sa route vers l'haut-delà avec du Elvis dans les oreilles, puis lorsque nous avons vu qu'il partait deux heures plus tard, Elvis a été mis de côté pour laisser place aux cris de ses quatre enfants qui lui répétaient à quel point ils l'aimaient.

Nous sommes restés avec lui à le pleurer plusieurs heures, à le beccoter, à se coller contre sa poitrine. Mon frère si musclé, âgé de 38 ans, a même été jusqu'à se coucher en feotus à ses côtés.

Au moment de quitter, tour à tour nous lui avons fait nos adieux. J'ai fait quelques pas, puis je suis retournée me coller contre lui. Je savais que c'était la dernière fois que j'aurais l'occasion de lui toucher, je ne voulais plus m'en éloigner.

Puis, quatre jours plus tard, c'est à sa urne que je me suis attachée. Des petits coups d'oeil ici et là, des carresses de temps à autres puis des baisers juste avant son incertion dans le collumbarium. Une fois de plus, c'était ma dernière chance. Je pouvais encore lui toucher par l'intermédiaire d'un objet soit, mais la dernière fois à avoir un contact physique avec mon petit papa d'amour.

Depuis, je lui parle tous les jours. Chaque petite chose positive dans ma journée, je lui attribue et je le remercie de veiller sur moi, sur nous.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Quelle tristesse chère Karim'agine. Je suis vraiment désolée et mes pensées t'accompagnent...
Condoléances à toute ta famille.

Si chacun savait le moment de son départ, bien des choses seraient différentes. Je suis sûre, qu'alors, ton père aurait eu la chance de vous démontrer tout son amour et sa fierté de vous avoir comme enfants. L'Amour nait de l'amour et il est évident, à travers la démonstration de votre solidarité, de votre peine et de votre affection, que vos parents vous en ont légué une tonne...
Moi aussi e suis sûre qu'il veille maintenant sur vous tous...
Prends le temps de vivre ton deuil ma belle!
Prends soin

France

Karim'Agine a dit…

Merci France...sincèrement merci.
Effectivement, je crois que mon père aurait fait bien des choses differamment s'il avait su. J'espère qu'il n'est pas parti la tête plein de regrets. Malgré sa rechute, ses comportements honteux, nous l'amions, nous l'aimons! J'espère qu'il a senti toute cette amour lors de son départ. Une chose est certaine, c'est qu'aujourd'hui, de là où il est, il est heureux et fière de voir ses enfants unis et forts comme il l'a toujours souhaité de son vivant.

Ondine a dit…

Karim'Agine: comme je suis désolée de lire ces mots ici aujourd'hui. J'espérais que, peut-être, la balance oscillerait de l'autre côté, mais l'heure était venue.

Malgré la douleur, malgré la tristesse, il reste l'amour, celui que tu lui portais, que tu lui portes encore, que tu lui porteras toujours. J'ai perdu mon père quand j'avais 18 ans et, encore aujourd'hui, il est au cœur même de moi.

Il reste aussi l'amour que les autres te portent, qui te portera dans ces moments troubles.

Je suis en pensée avec toi. Je jouerai Mozart, Chopin ou tout autre pièce pour toi, pour lui. Tu n'as qu'à déposer ta requête.

Avec tendresse,

Ondine

Karim'Agine a dit…

Merci Ondine...je réfléchis à ton offre et te dépose une requête sous peu...

Une femme libre a dit…

Toutes mes sympathies. Le fait que vous viviez vos émotions avec intensité est un facteur de guérison. Mon papa aussi est mort et je comprends votre douleur.

(Pourriez-vous m'envoyer votre adresse courriel afin que je vous inscrive comme lectrice de mon blogue maintenant privé, (si vous le désirez bien sûr)?

terrerose@msn.com

Pierre F. a dit…

Bonjour Karim,

Juste à lire le récit de cette période intense m'a amené les larmes aux yeux. Je vous offre mes sympathies. La vie est forcément différente après une telle épreuve.

Karim'Agine a dit…

Bienvenue dans mon univers Pierre et merci. Effectivement, la vie est très différente depuis le départ de mon père. Je m'apprêtais justement à écrire un billet sur le sujet;-)

Grande Dame a dit…

Toutes mes sympathies pour la perte de votre précieux père, Karim'agine.

Le départ d'un père est une immense perte. Je pense au mien tous les jours depuis son décès il y aura deux ans en décembre. Il vit dans chacune de mes cellules et j'entretiens son souvenir avec acharnement.

Le vôtre trouvera sa façon de ne jamais vous quitter.

Nanou La Terre a dit…

Karim'agine,

je vous ai lu avec beaucoup d'émotion. J'ai vécu sensiblement la même chose il y a 4 ans. Débrancher, musique, tendresse... Puis, mon frère...En vous lisant, c'est comme si vous étiez une partie de moi.Il y a beaucoup de réconfort dans le fait d'avoir accompagné son parent dans sa propre mort. C'est un moment sacré dont on garde toutes les images dans leur moindre détail et ensuite, la vie n'est plus jamais la même parce que je crois qu'on en sort avec un coeur plus grand.

Mon bras est autour de votre épaule. Bon courage...

Avec tendresse et amour xxx